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L’oursin, son passé scientifique ne manque pas de piquant
L’oursin, pour les non-spécialistes, est cet animal qui nous pique les pieds lorsqu’on marche dessus en bord de mer. Pour les connaisseurs, leur ‘corail’ est apprécié : c’est la partie comestible de l’oursin qui correspond aux organes reproducteurs ou gonades.
Au-delà de ces simples aspects, l’oursin a apporté beaucoup de connaissances scientifiques dans les domaines de la biologie concernant la rencontre des gamètes et le développement des embryons. Depuis plus de 150 ans, les oursins sont utilisés pour analyser les étapes de la fécondation (rencontre du spermatozoïde et de l’ovule) et les mécanismes du début du développement embryonnaire : le développement externe dans l’eau de mer de l’embryon est rapide, sa transparence optique et sa simplicité anatomique, ainsi que la facilité avec laquelle un grand nombre d’embryons se développent de manière synchrone ont permis, historiquement, de très nombreuses études expérimentales sur les oursins qui ont conduit à des découvertes fondamentales dans le domaine de l’embryologie, de la génétique et de la biologie moléculaire. Plus récemment, l’accessibilité de ce système aux approches génomiques en a fait un modèle expérimental de premier plan pour décrypter les bases génétiques du développement. Actuellement, les travaux menés sur les oursins et d’autres échinodermes apportent de nouvelles connaissances importantes concernant les réseaux de régulation des gènes contrôlant le développement, les mécanismes de la morphogenèse (mise en place des organes) et la comparaison entre les différents programmes de développement qui se sont mis en place au cours de l’évolution.
A travers de nombreuses illustrations, photos et vidéos, le conférencier vous présentera certains des résultats des recherches qu’il a menées sur les oursins durant une large partie de sa carrière à la Station Marine de Villefranche sur mer.
Conférence animée par Jacky Cosson
Jacky Cosson est directeur de recherche retraité du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), auparavant affecté à la Station Marine de Villefranche-sur-mer (Université Paris 6-Sorbonne). Il a eu une formation de biochimiste et biophysicien à l’Université d’Orsay. Ses recherches ont porté sur la reproduction d’animaux de diverses espèces (poissons, méduses, oursins, huitres, humains, etc.). Il s’intéresse en particulier aux mécanismes d’interaction entre les gamètes dont la reconnaissance et l’approche entre gamètes mâle et femelle. Il s’est impliqué récemment dans des actions de diffusion de la culture scientifique au travers de débats/discussions.
